CSV1972

Collectif des Survivants et Victimes du Génocide des Hutus avant et après 1972 au Burundi

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Témoignage 01 : Jean-Marie Vianney Ndagijimana, UB

lundi 1er mai 2017, par rwenyuza

TÉMOIGNAGE 001 : Par Jean-Marie NDAGIJIMANA,

Bujumbura mon amour, Editions la Pagaie, 2005, 139 pages, Par Jean-Marie Ndagijimana. Éditions La Pagaie, 2005.

Au sujet du témoin

Jean-Marie Ndagijimana est un étudiant rwandais inscrit à l’université du Burundi à la faculté de droit en 1972. Il a 21 ans à l’époque des faits.

Ce qui s’est passé au Burundi en 1972 est un génocide. Pas le moindre doute.

Ce qui s’est passé au Burundi à partir du 29 avril 1972 peut-il être qualifié de génocide ou faut-il s’en tenir à ce que l’on appelle, avec cet euphémisme qui nous est habituel, « les événements » ? Pour le juriste rwandais Jean-Marie Ndagijimana, présent sur le terrain en 1972, la qualification ne fait pas de doute : « Lorsque des représentants d’un gouvernement ou d’un groupe armé quelconque, – qu’ils soient ministres, hauts fonctionnaires de l’administration, de l’armée ou de la police, des groupes armés organisés et que sais-je encore – lorsqu’ils dressent des listes de personnes appartenant à un groupe ethnique devant être arrêtées et lorsque le passage à l’acte entraîne la mort de centaines de milliers d’êtres humains comme au Burundi en 1972, il n’est pas permis de jouer avec les mots. Il s’agit bel et bien d’un génocide. L’élaboration de listes et la mise en marche de la machine meurtrière sont en elles-mêmes une preuve de préméditation. Ce qui est valable au Burundi l’est aussi pour les génocides commis au Rwanda depuis 1990. » (p.4).

Témoin bien malgrè lui du premier génocide de l’histoire des grands Lacs africains.

Signés par le président Micombero et le président Kayibanda. Le Burundi accueillait des étudiants rwandais en droit et à l’institut d’éducation physique et de sport à l’Université officielle de Bujumbura, tandis que l’Université du Rwanda à Butare accueillait des étudiants burundais à la faculté de médecine. C’est dans ces circonstances que devient, bien malgré lui, un témoin-clé du premier génocide de l’histoire des grands lacs africains. Le témoignage qu’il livre en 2005, 34 ans après les faits, relève d’une double démarche : contribuer à l’éclosion de la vérité et surtout, soigner les blessures de l’histoire, les siennes et celles de tous ces êtres que l’histoire des grands Lacs africains a broyés

Je témoigne sur ce que j’ai vu. Ce que j’ai vécu.

« Je ne raconte pas une histoire. Je n’invente rien. Je n’écris pas un roman. Je ne me livre pas à des analyses de situations à la manière des experts. Je n’accuse pas. Je témoigne. Sur ce que j’ai vu. Ce que j’ai vécu. Dans ma chair. Je soigne mes blessures. Profondes. Des blessures qui ont résisté à l’usure du temps. Des blessures vieilles de 34 ans. » (p.4).

Une liste de noms d’étudiants à tuer

Coïncidence ou pas, c’est lorsqu’il (le professeur suisse d’économie politique, Jean Bonvin) aborde le chapitre sur le malthusianisme que la porte de l’auditorium s’ouvre avec fracas, provoquant l’émoi dans la salle. Des soldats armés, en uniforme, conduits par un jeune officier flanqué d’un civil de très grande taille en chemise blanche, s’introduisent dans la salle de classe sans daigner demander l’autorisation du professeur. Le fonctionnaire en civil tient dans sa main quelques feuilles de papier. Le visage grave, l’officier nous ordonne de sortir et de nous rendre dans la cour centrale de l’Université. Le professeur Bonvin s’avance vers le militaire et tente de s’interposer. Il lui demande les raisons de cette intrusion aussi musclée que cavalière. En guise de réponse, le jeune officier braque son arme contre la poitrine du suisse qui recule, non sans élever les plus vives protestations. Tétanisés par la peur, nous dévalons les escaliers à toute vitesse. En quelques secondes, nous nous retrouvons dans la cour centrale de la faculté. Des centaines d’autres camarades y sont déjà entassés. Des militaires armés jusqu’aux dents les tiennent en joue comme des criminels. Le civil en chemise blanche, toujours accompagné du jeune officier, ordonne le silence et se place au milieu de cette assemblée impromptue. Il se met à égrener une liste de noms. Plusieurs dizaines de camarades, tous hutus, sont invités à s’avancer et à se mettre à plat ventre. Là, sur le sable chaud et sale, comme de vulgaires troncs d’arbre. Certains manquent à l’appel. Lorsque le bourreau juge que le tas de hutus est suffisant pour remplir quatre camions militaires, il ordonne alors aux victimes interpellées de monter à bord des macabres mastodontes.

Camions remplis à craquer de corps inertes couchés. Des étudiants Tutsi fous de joie.

Les premiers qui montent s’avisent de rester debout. Sans ménagement, les militaires leur ordonnent de se coucher à plat ventre à même la carrosserie. Devant l’hésitation de certains étudiants, les militaires s’acharnent sur leurs victimes à coups de crosse et de baïonnettes, transperçant les côtes de leurs jeunes victimes sans défense qui laissent échapper des grognements de souffrance. Comme mes camarades, je pleure de peur et de dégoût devant tant de haine et de cruauté gratuite. Mais je pleure aussi de rage face à l’attitude de certains étudiants tutsis qui ne cachent pas leur joie devant ce spectacle digne d’un autre âge.

Les camions sont déjà remplis à craquer de corps inertes couchés horizontalement, entassés les uns sur les autres. Les militaires montent à leur tour, debout sur le dos de leurs prisonniers. Nos pauvres camarades suffoquent sous le poids de leurs bourreaux, Coups de pied, coups de baïonnettes, crachats, insultes, rien n’est laissé au hasard. Au moment où les camions démarrent, emportant leur funeste cargaison, humaine, certains de nos camarades sont sans doute déjà morts. Étouffés. Là, devant nos yeux. Pour rien. Ou plutôt pour et à cause de leur ethnie, leur nez et leur taille.
Avant de partir, le fonctionnaire en chemise blanche serre discrètement la main à un étudiant tutsi qui lui est visiblement familier, lui susurre quelque chose à l’oreille avant de lui faire un clin d’œil explicitement complice. (…).
Il en alla ainsi dans toutes les administrations, dans toutes les écoles supérieures du pays, dans toutes les écoles secondaires et même dans certaines écoles primaires. L’objectif était clair : exterminer tous les intellectuels hutus, c’est-à-dire les personnes d’ethnie hutue ayant eu accès à l’instruction scolaire, de l’école primaire jusqu’à l’université, tous ceux qui, en somme, étaient susceptibles de devenir un jour des leaders d’opinion. Cela s’appelle un GÉNOCIDE. On n’a pas besoin d’être un spécialiste en droit pénal international pour le comprendre. (p.62-66)

Pas une simple dénomination de la part de Monseigneur le Recteur Barakana

Pendant que les étudiants hutus se font enlever et massacrer un à un, Monseigneur le Recteur Barakana ne lève pas le petit doigt pour protéger ses ouailles ! Pas une simple dénonciation de l’intrusion meurtrière des militaires sur le campus universitaire ! Le vice-recteur, le responsable des services administratifs, le gestionnaire des résidences estudiantines qui connaît les résidents et leurs numéros de chambres, les étudiants membres de la Jeunesse révolutionnaire Rwagasore (JRR) dont le leader de l’époque se trouve être le patron actuel du parti UPRONA, tous ces gens savaient ce qui se passait et y ont, d’une certaine manière participé. Même si les responsabilités du directeur administratif qui a transmis les listes des étudiants Hutu sont plus importantes que celles de l’étudiant chargé d’espionner son voisin de chambre.

Que dire des responsabilités politiques de l’UPRONA, parti unique à l’époque ?

Quel fut son rôle dans le génocide de 1972 ? Le premier jour des rafles seulement, plusieurs centaines d’étudiants hutus du campus universitaire de Bujumbura furent envoyés à leur dernier voyage. Les soldats reviendront le lendemain, le surlendemain, et tous les jours de mai et de juin 1972 jusqu’à ce qu’il n’y eut plus de Hutu à l’université. En deux mois, plus de 700 étudiants Hutu furent conduits dans les mêmes conditions de transport, selon le même scénario immuable, vers les camps de la mort méticuleusement et secrètement aménagés longtemps avant les massacres. Et je ne parle là que du campus universitaire de Bujumbura ! Aucun de ceux qui furent arrêtés sur le campus n’est jamais revenu vivant de cette rafle préméditée et visiblement planifiée par un gouvernement censé protéger tous ses citoyens.

Étudiants Hutu assassinés dans des conditions atroces et jetés dans des fosses communes ou donnés à manger aux crocodiles et aux hippopotames du lac Tanganyika

Ce qui me désole le plus, c’est le fatalisme manifesté par les victimes qui refusèrent de s’enfuir. En 1972, la population estudiantine de l’U.O.B. compte environ 1500 âmes, dont plus de la moitié de Hutu. En tout, moins de 50 étudiants Hutu échapperont par miracle à ce génocide. Je retrouverai avec bonheur certains miraculés à Bukavu, à Cyangugu et à Kigali après mon rapatriement mouvementé. César alias Gandhi, Déo le champion régional du lancer du poids et d’haltérophilie, Emmanuel alias Monseigneur et des centaines d’autres camarades furent ainsi assassinés dans des conditions atroces et jetés dans des fosses communes disséminés dans la plaine de Bujumbura. D’autres furent donnés à manger aux crocodiles et aux hippopotames du lac Tanganyika. A la fin du mois de mai, il se raconte à Bujumbura que les crocodiles repus ne veulent plus manger les corps des Hutu. Certains ont trouvé une explication toute simple : « Même vivants, les Hutu puent », se délectent-ils !

Pourquoi fuirais-je ?

Pour revenir à l’attitude des étudiants hutus, et à tout refus de tenter de se soustraire à la mort, le cas d’Emmanuel alias Monseigneur mérite qu’on s’y attarde. Ancien grand séminariste, Emmanuel alias Monseigneur échappa à la rafle jusqu’à la mi-mai. Il continuait à vivre normalement, allant à la cantine comme tout le monde et passant ses journées à observer les scènes d’horreur. Nous logions dans le même bloc dortoir et échangions les informations sur les évènements. Un jour, je lui proposai de le mettre en relation avec l’ambassadeur du Rwanda qui pourrait l’aider à se mettre à l’abri. Le diplomate rwandais nous avait donné son quitus à ce sujet. Etonné par mon offre, Emmanuel me répondit avec fatalisme et philosophie : « Mon cher ami, nico kimwe (c’est la même chose). A ma connaissance je n’ai rien fait de répréhensible. Pourquoi fuirais-je ? » J’insistai, lui disant que ses camarades assassinés n’avaient non plus rien fait de répréhensible. Rien n’y fit. Monseigneur déclina l’offre.

Le lendemain matin, Emmanuel se rendit comme d’habitude à la cantine pour le petit déjeuner. En sortant du bloc dortoir, il fut rudement cueilli par des militaires qui l’attendaient. Lorsqu’il fut poussé dans la jeep de l’armée, Emmanuel saignait déjà de partout, ne tenant plus debout. Son corps fut mortellement transpercé de coups de baïonnette. Je m’en souviens encore comme si c’était hier ! Je n’ai jamais pu oublier le visage endolori et incrédule de cet ami discret, presque effacé mais combien sage et avenant. Ni oublié le clin d’œil complice que cet étudiant tutsi présent sur les lieux du crime échangea avec les militaires qui s’acharnaient sur mon pauvre ami. L’étudiant tutsi en question est aujourd’hui un haut magistrat de son pays, très estimé par son gouvernement. Bien heureusement, tous les étudiants tutsi n’ont pas trahi leurs collègues hutu, loin s’en faut. Je citerais Ambroise, Athanase, Gabriel alias Musazi (le fou). Ce dernier cacha discrètement des étudiants hutu dont un certain Jean Kabura qui, quelques années plus tard, deviendra ministre de l’agriculture après de brillantes études au Zaïre. Quant à Athanase et Ambroise, j’ose espérer les voir au nombre des auteurs de la nouvelle réconciliation issue des accords de paix d’Arusha entre les communautés hutu et tutsi.

Rares sont les cas ou des étudiants Tutsi ont éssayé de sauver des étudiants Hutu.

En mai 1972, j’ai personnellement vu de mes yeux ces deux messieurs tenter d’empêcher leurs congénères de commettre l’irréparable. Sans succès. Beaucoup d’autres étudiants tutsis ont essayé de cacher ou d’aider des Hutu à fuir. Hélas ces cas furent trop rares pour changer le cours des événements. Sur le campus même, des cadavres étaient découverts chaque matin, étendus derrière les dortoirs, le long de la route menant à la cantine ou sur le sentier qui mène à Nyakabiga. J’ai vu des étudiants de l’université, de solides gaillards de 20 à 25 ans tabasser à mort un collégien d’à peine 15 ans. Le jeune adolescent, élève du collège du Saint Esprit, était venu voir son grand frère inscrit à la faculté des sciences. Le collégien ignorait que ce dernier avait fait partie du premier contingent d’étudiants déportés. Lorsqu’il arriva sur le campus, l’innocent se dirigea vers le premier groupe d’étudiants qu’il aperçut. L’apparence physique de l’adolescent ne laissait aucun doute quant à son appartenance ethnique. Il répondait au cliché type du Hutu bien bâti, solide sur ses jambes. Taille moyenne, bon gabarit sportif, nez large, le jeune collégien sentait le Hutu à distance. Pour son malheur, les étudiants auxquels il s’adressa appartenaient à l’aile radicale des Tutsi qui passaient leurs journées à établir la liste des Hutu cibles et à les traquer comme du gibier. Je revois encore la scène comme si elle s’était passée hier. Je suis là, avec d’autres étudiants, assis devant le bloc dortoir, à observer la scène.- Bonjour, fait le jeune homme. Je suis le petit frère de Salvator. J’ai été à sa chambre, mais il n’est pas là. Pouvez-vous me dire si vous l’avez vu ce matin ?- Quel Salvator, mbega sha ? Lui demande sarcastiquement un des Tutsi. Le collégien indique le nom de famille et la province d’origine de son frère inscrit en deuxième candidature, faculté des sciences. Une prise de judo bien appliquée et le jeune homme se retrouve les quatre fers en l’air. Coups de pieds dans les côtes, coups de poing au visage, et encore des coups de pieds et de poing, partout. De mon lieu d’observation, mon cœur saigne de douleur et aussi d’impuissance. Je suis incapable d’intervenir. Pas même un simple appel au secours. Auprès de qui ? Avec quoi ? Comment ? Un sentiment de culpabilité m’envahit comme si je participais moi-même à cette mise à mort d’un innocent. Dans d’autres circonstances, ma passivité aurait pu me conduire devant les assises pour non assistance à personne en danger. Dans le cas présent.

Des criminels agissant pour le compte et avec la bénédiction des pouvoirs publics de leur pays.

Au Burundi en l’occurrence, les criminels qui ont assassiné publiquement leurs compatriotes en mai et juin 1972 n’ont jamais été inquiétés par la justice. Au contraire, les officiers, les hauts fonctionnaires et les étudiants qui ont orchestré ce génocide ont été promus à des fonctions prestigieuses dans les ambassades, dans les organisations internationales, à la tête des sociétés d’état, comme si tuer des Hutu rentrait dans leurs attributions normales. Revenons à l’assassinat du jeune collégien. Dans mon impuissance, j’assiste écoeuré à la mort du jeune innocent. Mon collègue de classe Déo dit « Déo le petit » – par opposition à « Déo l’haltérophile » -, participe activement et joyeusement à cette boucherie. Mort de rires, il sautille comme un gamin, les bras branlants et la chemise déboutonnée par le vent. Ses amis s’écartent du jeune corps étendu par terre. Il revient à Déo le petit d’asséner le coup de grâce à la jeune victime. Un dernier coup de pied de Déo à la poitrine du collégien qui finit de rendre le morceau de tissu contenant une pommade blanche que ses tortionnaires l’avaient forcé à avaler. Ensanglanté et couvert de vomissures, son corps inerte gît désormais au bord de la route. Avec mépris, un des bourreaux le pousse méchamment du pied dans l’herbe fraîche du jardin, devant le bloc dortoir. Déo le petit et ses complices bombent la poitrine, se congratulent, avant d’aller se laver les mains. Quelques minutes plus tard, ils se retrouvent à la cantine autour d’un Ikiyeri (un verre de bière), devisant avec insouciance comme si rien ne s’était passé. Sans doute fiers d’avoir débarrassé le Burundi de la vermine hutu. Mission accomplie !

Comme si l’assassinat d’un collégien hutu par des universitaires tutsi était un événement banal, ou plutôt un non événement !

Pris de nausée, je me précipite dans ma chambre et dépose sans peine le contenu de mon estomac dans le lavabo jauni par l’âge. Je ne peux pas dire combien de fois j’ai dû torturer à ce point mon estomac entre mai et juin 1972. La vue quotidienne de corps ensanglantés, sans vie, gisant au bord de la route m’était insupportable. Trente quatre ans plus tard, je n’arrive pas à oublier le visage de mes collègues de classe s’acharnant sur leurs victimes. Avec une mention spéciale pour Déo le petit. Un jeune homme ordinaire transformé en assassin d’enfant. Et dire que je l’ai souvent choisi comme voisin dans le grand auditoire de la Fac ! Adieu Déo le petit. Dans mon esprit, Déo le petit est mort le jour où il a osé frapper de son pied mortel la poitrine fragile de cet enfant qui ne demandait qu’à vivre. Aujourd’hui, Déo doit avoir des enfants de l’âge qu’avait sa victime en 1972. Il y a 33 ans. Le collégien devrait aujourd’hui avoir 48 ans. Déo le petit osera-t-il dire la vérité à ses enfants, les yeux dans les yeux ? Leur avouer qu’il a, un jour de sa vie, achevé froidement un enfant de leur âge ? Rien n’est moins sûr ! D’autant que le collégien ne fut pas la dernière victime de la bande à Déo. Le lendemain matin, c’est au tour d’un vieux paysan de faire les frais de son imprudence. Son crime : traverser le campus universitaire. Circonstance aggravante : le vieux transportait un bidon de pétrole domestique acheté dans une boutique voisine. Pour les étudiants, c’est jugé : le Hutu a l’intention d’utiliser le pétrole pour incendier les huttes de ses voisins tutsi. La sanction est extrême et immédiate. Même scénario que pour le collégien. Le cadavre du vieillard passera plus de 24 heures à la belle étoile, étendu dans la brousse à côté de notre dortoir. En attendant le prochain passage des militaires commis aux arrestations de ce qui restait de Hutu et au ramassage des corps.”

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