CSV1972

Collectif des Survivants et Victimes du Génocide des Hutus avant et après 1972 au Burundi

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TÉMOIGNAGE #10 : Jeanne Françoise (de Chantal Mbanjeryiza)

lundi 22 septembre 2014, par rwenyuza

Bref résumé

Mon père, Pascal Barantandikiye tué en 1972, etait medecin chef au dispensaire de Musenyi a Ngozi. “Ivy’amapolitike jewe sindimwo…ntaco nicura”

Je me souviens

En 1972 j etais une petite fille qui à peine pouvait se rappeler plus tard de ce qui se passait autour d’elle.Mais si tu entends un enfant de moins de 5 ans se rappeler de ce qui s’est passé dans son enfance,c est que cet événement l’a vraiment marqué. Il ya de ces évenements qu’on n’arrive pas à chasser de sa sa mémoire même pas dans le subconscient. Je me rappelle de ce jour la comme si c’était hier. Mon Père, Pascal Barantandikiye etait médecin chef au dispensaire de Musenyi a Ngozi. Ma mère qui éait enseignante à l’école primaire était en congé maternel force par mon père pour qu’elle s ‘occupe de son fils , le premier fils à mon père que ma mère venait
d ’accoucher sous la grande joie de mon Père qui n avait eu que 3 filles auparavant.

Quand mon Père est rentré à Midi , Maman lui a proposé de ne plus retourner au dispensaire et fuire dans les montagnes car elle avait entendu des rumeurs que des jeeps de militaires sont entrain d embarquer des enseignants et des frères professeurs de l école secondaire qui était tenu ce temps la par des frères bene Yozefu je crois. Mon Père a refusé et a dit a ma mère : “Ivya ma politike jewe sindimwo, jewe ndi mugannga et ntaco nicura.. ” Vers 1500-1600 du soir , des militaires en jeep sont allés au dispensaire et ont arreté mon père . Ils lui ont amené à la maison . on a fouillé notre maison laissant dessus dessous tout . Les militaires nous ont pris une somme de 15000 Fbu que mes parents avaient économisée pour s acheter je ne sais plus quoi ( si ma mere etait encore envie , elle nous le dirait) Puis les militaires ont ligoté mon père les mains derrrière et lui ont poussé dans la voiture jeep ou d autres enseignants et professeurs etaient. Mon Père a refusé et a dit :” Puisque vous n avez rien trouvé , pourquoi m’embarquez vous ? ” Il a resisté et un soldat l a frappé le blessant avec une baionette. Avant d ‘entrer dans la voiture militaire mon père s’est tourné vers nous et a crié a ma mère :”Cécile urandabira abana” ce fut la derniere fois qu on le vit. Quand mon père a tourne vers nous j ai vu du sang qui coulait de son visage et nous les enfants on criait :” papa ntaco yakoze, papa ntaco yakoze ” en vain Il fut amené vers une destination inconnue et il n est plus retourné.

Mon Père etait ami avec des les professeurs de l ecole secondaire de Musenyi comme il avait fait le séminaire de Mureke , certains de ces frères bene Yozefu etaient ses amis du seminaires mais particulierement je me souviens d un certain frere ” MuKE” qui a disparu aussi ces temps la de 1972. il nous avait donne beaucoup de cadeaux .

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